Les Kamakura-bori

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Les Kamakura-bori

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Une ville riche d’histoire et … magnifique
Kamakura était la capitale du Japon pendant la période du même nom, de la fin du 12ème siècle à la moitié du 14ème. Située à 40 km de Tokyo, Kamakura est un important témoignage d’histoire, célèbre pour ses nombreux temples et sanctuaires, et bien entendu son Bouddha géant, le Daibutsu. Moins célèbres mais pourtant très reconnus, les Kamakura-bori, objets divers en bois laqué, sont originaires de cette ville.

J’apprécie énormément Kamakura, proche de Tôkyô, en bord de mer, très touffue niveau végétation et monuments historiques éparpillés, on en découvre sans cesse ses richesses millénaires. C’est aussi très proche de Enoshima, ce qui en fait une destination très prisée (20 millions de visiteurs tous les ans). Il n’est pas rare de voir en sortant des sentiers battus des maisons très anciennes côtoyant des œuvres modernes d’architecture. Eh oui, à Kamakura, beaucoup de riches, mais une telle préservation des lieux qui vaut le détour.

Daibutsu de Kamakura

Daibutsu de Kamakura

Les Kamakura-bori

Les Kamakura-bori sont des œuvres en bois, gravées et extrêmement travaillées, puis mise en valeur par des couches successives de laque. Bien entendu on ne trouve pas ce type d’artisanat seulement à Kamakura, par exemple certains sont produits près de la célèbre Nikkô, dans la région de Tochigi, les laques gravées de Murakami viennent de Niigata, et Takaoka située dans la préfecture de Toyama possède aussi ses laques, ainsi que Kagawa dans le Shikoku.

Les Kamakura-bori trouvent leurs origines dans les sculptures religieuses de la période Kamakura (on peut d’ailleurs trouver dans deux temples de Kamakura des travaux de cette époque : Un bureau au temple Enkaku-ji et une image bouddhiste au temple Kenchô-ji). Les descendants des graveurs bouddhiste originaires de Nara se sont établit à Kamakura, où ils formèrent un groupe d’artisans très compétents, dédiés la fabrication d’objets de la vie quotidienne des temples. Ces pièces devinrent très prisées au cours du 15ème siècle par les classes sociales supérieures.

Le techniques de l’époque ont été transmises au sein de deux familles, c’est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui : Les Gotô et les Mihashi. Au départ la sculpture sur bois n’était qu’une activité parallèle, mais au cours de la deuxième moitié du XIXème siècle, elle devint une occupation à plein temps.

C’est ce qui posa d’ailleurs les jalons de l’industrie du Kamakura-bori. Tandis que les familles principales utilisaient toujours les techniques traditionnelles, plusieurs autres commerçants se sont mis à employer les techniques modernes afin d’étendre le commerce, surtout depuis que le Kamakura-bori est devenu une vraie passion dans le japon.

Objets en laque

Objets en laque

Bien que cette technique soit aussi utilisée pour de petits objets divers, c’est en majorité souvent les mêmes objets qui se trouvent vendus : petites boîtes, plateaux, miroirs, repose-plats et encriers constituent toujours la majorité de la production.

Les arbres Ginkgo

Les arbres Ginkgo

Plusieurs bois sont utilisés dont le Katsura (Cercidiphyllum Japonicum), Hônoki (Magnolia Obovata), cyprès japonais et ginkgo. La sculpture est faite au burin et au couteau. Avant que les couches inférieures soient appliquées, on recouvre le bois sculpté de laque ou de pâte de riz. Deux types de sous-couches sont à distinguer : Le urushi (漆), la laque japonaise, avec une poudre de charbon, ou sinon que le tonoko à base d’urushi et d’argile.

Il existe aussi 8 types de couche finale dont la plus connue est Hikuchi Nuri, sur laquelle un noir de fumée est appliqué sur une couche de laque vermillon,

donnant un effet ancien, usité.

Mais alors c’est quoi cette fameuse laque Japonaise ?

Il paraitrait que c’est une tradition vieille de 6000 ans

La laque Japonaise, ou urushi est le fruit d’un processus qui peut prendre entre trois et cinq années. Tout d’abord il faut extraire la résine d’un arbre : le Rhus Verniciflua qui est uniquement exploitable entre sa troisième et cinquième année, et la mettre au repos. C’est ce processus le plus long.

Cercidiphyllum Japonicum, un des bois utilisé pour les Kamakura-bori

Le Cercidiphyllum Japonicum

Ensuite il faut filtrer la laque, à travers une toile fine, pour en enlever les impuretés. Elle est ensuite généralement stockée dans des paniers en bambou, fermés par des feuilles de papiers de riz et sont laissées à décanter dans une sorte de cave à l’abri. Avec le temps des couches vont se former, qui seront alors de différentes qualités, mais aussi de différents prix.

 

 

 

 

 

 

 

 

Anecdotes
Laque
La laque à l’état pure, est toxique. Elle perd cette toxicité lorsqu’elle sèche, et elle ne sèche et durcit que dans des régions chaudes et humides, ce qui est le cas du Japon
Laque-2
Lorsque l’on parle d’un objet en laque, on parle d’un laque, quand on parle du produit, on parle d’une laque.
Artisanat
Plusieurs œuvres et objets de collections se font grâce à ce procédé, comme le stylo dont l’on parle sur ce blog : http://dondellinger.com/mipiace/index.php?post/2009/11/26/Tsuchida2
Poète
La célèbre poète Akiko Yosano est tombée d’admiration devant le grand Bouddha de Kamakura, voici ses propres mots :

Ka-ma-ku-ra-ya {kah-mah-koo-rah-yah}
Mi-ho-to-ke-na-re-do {me-hoh-toh-keh-nah-reh-doh}
Sha-ka-mu-ni-wa {shah-kah-moo-nee-wah}
Bi-na-n-ni-o-wa-su {be-nan-nee-oh-wah-soo}
Na-tsu-ko-ad-chi-ka-na {nah-tsu-koh-dah-chee-kah-nah}

Je vous laisse traduire

À consulter

http://www.escale-japon.com/articles/laque/laque.php

http://www.jean-dunand.org/laque.htm

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  • kamakurabori laque
  • poeme japonais ginkgo
 

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