Les lanternes Japonaises Tōrō d’Izumo (灯籠)

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Les lanternes Japonaises Tōrō d’Izumo (灯籠)

Les lanternes Japonaises

Tōrō (灯籠), le cas des lanternes d’Izumo

La lumière d’une bougie en tant que symbole de vie est une notion aussi ancienne que les civilisations.

 

Placer ces mêmes lumières dans des lanternes en pierre, ne permet pas seulement de les protéger, mais permet aussi de mettre en valeur leur présence. Ces lanternes en pierre, on les trouve partout au Japon, dans les jardins, les parcs, autour des monuments et sont témoins d’une très ancienne pratique.

Ce n’est pourtant pas en tant que simple accessoires de jardins qu’on à commencer à les voir apparaître, mais à partir du 8ème siècle par l’intermédiaire du Bouddhisme, depuis la chine et à travers la Corée.

Les lanternes étaient initialement présentes à l’entrée des temples de culte Bouddhiste et devaient servir à éclairer les cérémonies commémoratives, bien qu’elles fussent en même temps souvent considérées tout simplement comme objets faisant partie du culte Bouddhiste.

  • Pendant l’Ère Heian, on commença à les voir apparaitre dans les temples Shintô, ainsi que pendant l’ère Momoyama, pendant laquelle on la vit de plus en plus dans les jardins, probablement grâce au gain d’intérêt pour la cérémonie du thé, les deux se sont peu à peu sont liés. L’utilisation des lanternes se prolongea aussi pendant l’ère Edo pendant laquelle des lanternes de différentes tailles et styles furent régulièrement utilisés dans tous types de jardins.

 

  • Sen no Rikyū, un célèbre maître de cérémonie du thé ne va pas hésiter à bousculer ces pratiques et il va intégrer les lanternes à l’intérieur du roji, un jardin à usage privé. La lanterne avait une fonction pratique : il était important d’avoir un point de lumière pour se diriger dans le jardin une fois la nuit tombée ; mais aussi une fonction symbolique, puisque sa seule présence donnait au jardin tout entier une connotation religieuse. Comme si le fait de se purifier les mains ne suffisait pas, la lanterne venait souligner ce passage d’un espace profane à un espace sacré.

 

Les lanternes d’Izumo

 

Les lanternes d’Izumo, ville du sud-est de l’île de Honshû, face à la mer, on fait leur apparition au 8ème siècle. Leur âge d’or ne vint pourtant pas avant le début de l’ère Edo, lorsque le chef du clan Matsue interdit l’exportation de grès et de tuf de sa région, qui en était alors productrice principale. Les lanternes utilisant ces matériaux, il fit de nombreux efforts pour en améliorer la construction, créa aussi une sorte de magasin privé, et développa leur commerce.

La pierre de grès d’Izumo est facile à travailler, et est particulièrement agréable à l’œil japonais grâce à ses nuances de bleu-gris, et sa facilité à accepter la mousse en cas de climat humide, ce qui lui donne facilement l’air d’être ancienne, plus proche de son état naturel. Bien que facilement façonnable, la pierre est très résistante aux variations de température et d’humidité, ce qui en fait le matériau idéal pour les lanternes.

Il faut plusieurs outils pour sculpter la pierre de grès : Un biface, un petit pique, et un outil appelé sanbonba qui permet de taillader la pierre. Le sanbonba, est plat, ressemble à un pique en forme de lame avec des petites dents de 5mm² à son extrémité. On terminera ensuite le travail au burin.

Kokkaku-Yukimi

Kokkaku-Yukimi

Rokkaku Yukimi
Certains types de lanternes retranscrivent plusieurs aspects de la pensée et des courants esthétiques du Japon. Par exemple le Rokkaku Yukimi est petit, trapu et hexagonal mais peut aussi avoir un large toit, par exemple souvent utilisé dans les jardins pour accentuer l’effet. Cette forme trouve son esthétique à son apogée en hiver, c’est d’ailleurs de là que vient le terme Yukimi « Regarder la neige »

 

Nuresagi

Le genre Nuresagi quand à lui cherche à donner l’image d’un héron se tenant sur une seule patte, se faisant recouvrir l’arrière train de neige. Le sommet de cette lanterne en forme de cloche fait penser à ce héron se tenant sur une patte, et y ressemble d’autant plus quand la lanterne est enneigée.

Style Nuresagi

 

Kusaya
Le style Kusaya fait quand à lui penser à une ferme traditionnelle japonaise, plus rustique, à moins qu’elle soit admirablement travaillée.

Style Kusaya

Style Kusaya

 

Style Oribe

Style Oribe

Oribe
Le style Oribe tiens son nom de Furuta Oribe, un maître de la cérémonie du thé de la période Momoyama, et on la trouve près de la tombe de ce grand maître. C’est sans aucun doute l’un des achèvements de la connexion entre cérémonie du thé et lanternes.

 

Les lanternes en forme de pagode dans les temples, elles, parodient l’une des composante les plus essentielle des temples, mais en version miniature, la faisant ressembler à une pagode dans un jardin japonais.

Les lanternes seules ne sont pas figuratives, les bassins pour se rincer les mains (chōzuya ,手水舎 ), les chiens gardiens komainu (狛犬 ou 胡麻犬)des temples shintô, et bien d’autres ornements des jardins retranscrivent de la même manière la pensée esthétique complexe des japonais, et méritent vraiment qu’on se penche sur leurs origines.

 

 

 

Anecdotes

 

Temple Kasuga
Au temple Kasuga, (Kasuga-taisha 春日大社) il y a dix mille lanternes, dont trois mille en pierre. Chacune a été offerte par de simples pélerins en témoignage de leur foi. Ces lanternes sont allumées deux fois par an à l’occasion de cérémonies (début février et mi-août).
Tōdai-ji
Une imposante lanterne se trouve près du Bouddha du Tōdai-ji 東大寺

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